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LE RÉSEAU MIKIT À LA LOUPE

Dosssier « l'officiel de la Franchise » mars 2001
(par Michel Delmas)

« MIKIT FRANCE veut 150 points de vente »

 
Le point de vue du juriste

Le contrat, sur un plan général, est conforme aux " standards de la franchise ". On pourra regretter un certain nombre de points tels que : exclusivité d'approvisionnement posée comme un principe sans que le franchiseur n'en démontre la nécessité, clause de non-concurrence post-contractuelle très étendue, étant précisé par ailleurs que le franchiseur détient une part dans le capital de la société franchisée

Une contrat contraignant , une réalité plus souple

 

La réponse de Maurice Penaruiz :
« Je dois protéger mon réseau et mes franchisés »
Dans notre concept, l'investissement personnel du franchisé est fondamental. Nous ne voulons pas qu'il gère une autre affaire. S'il veut monter un deuxième mikit, nous demandons à ce qu'il ne soit pas le dirigeant opérationnel. En ce sens, l'exclusivité Mikit est parfaitement justifiée.
Je sais bien que notre clause de non-concurrence est plus sévère que ce qu'admet généralement la jurisprudence. Mais je dois protéger mon réseau, c'est à dire mes franchisés en place. C'est pour cela que j'interdis à quelqu'un qui nous a quittés de s'installer, dans l'année qui suit, où que ce soit dans le pays, pour éviter qu'il ne se serve de ce qu'il a appris chez nous pour faire concurrence à un des membres du réseau.
Enfin, je tiens à posséder ne serait-ce qu'une action de chaque société franchisée, car cela nous donne un droit de regard en tant qu'actionnaire. Je ne l'ai d'ailleurs utilisé que de manière rarissime.

Une clause de quota très dure

Il est prévu la possibilité pour le franchiseur de résilier le contrat, au cas où le franchisé n'aurait pas procédé à une vente nette par mois, " par lui-même ", et ce pendant trois mois consécutifs…Il semble regrettable, à propos d'un contrat conclu pour une durée de sept ans, nécessitant des investissements importants, que le franchisé ait à subir un ralentissement momentané de son activité, qui peut être lié à une évolution de la concurrence locale, un retournement du marché...

La réponse de Maurice Penaruiz :
« C'est une clause de sensibilisation »
Je n'ai jamais mis cette clause en application. Ce n'est pas une épée de Damoclès au-dessus de la tête des franchisés, mais une clause insérée pour les sensibiliser aux objectifs à atteindre.
Il est important que le franchisé s'implique lui-même, sans ses vendeurs. En temps de crise, comme nous en avons connu déjà, il devra réaliser lui-même sa vente mensuelle. Et cela suffira pour qu'il reste au-dessus de son point mort et que son entreprise survive.

La redevance minimum n'est-elle pas élevée ?

La redevance proportionnelle au chiffre d'affaires, a un montant fixe minimum, qui correspond, grosso modo, à la redevance proportionnelle qui serait payée si le franchisée vendait une maison Mikit par mois. Cette redevance minimum (2 300 €uros par mois) me semble élevée.

La réponse de Maurice Penaruiz :
« Une maison par mois, c'est un minimum »
Je le dis à mes candidats : ce qui nous intéresse, ce sont des franchisés qui marchent bien et qui durent. Ce n'est pas de concéder un territoire de 125 000 habitants à quelqu'un qui ne vend pas une maison par mois, alors que certains franchisés en vendent 10 !
D'ailleurs, plusieurs de mes franchisés sont au forfait, et j'espère que tous atteindront un volume d'affaires suffisant pour y venir eux aussi.

Et les directives européennes ?
On peut remarquer que le franchiseur semble considérer qu'il n'est pas concerné par le règlement d'exemption du 29 décembre 1999.
La réponse de Maurice Penaruiz
" Ecoutez, j'ai assisté à la conférence juridique de la Fédération Française de la Franchise : il y avait une batterie de juristes, et ils n'étaient pas d'accord entre eux sur ce règlement ."
Conclusion
En définitive, le contrat, globalement contraignant, semble éloigné des conditions réelles de fonctionnement du réseau, dont on a pu vérifier, sur le terrain, qu'il prend davantage en compte les intérêts des franchisés.